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Petite histoire de la Jaguar Type C

La Jaguar Type C introduira les freins à disque en compétition

La Jaguar Type C introduira les freins à disque en compétition

La type C est la dérivée compétition de la XK 120 lancée en 1948. Mais plus qu’une simple adaptation pour la course, la type C adoptait un châssis et une carrosserie totalement inédites. Le 6 cylindres en ligne allait lui aussi subir un traitement particulier, donnant à cette voiture un formidable succès. La type C remportera les 24 Heures du Mans en 1951 puis en 1953.

L’apparition de la XK 120

En 1948, l’apparition de la Jaguar XK 120 a révolutionné le monde de la voiture sportive. Cette voiture était la première à permettre à beaucoup de gens, pour un prix relativement accessible, de rouler à 190 km/h ! Replacons nous dans le contexte et surtout dans l’époque. 190 km/h, en 1948, c’est tout simplement deux fois plus vite que les petites voitures de série. Un peu comme si aujourd’hui, une voiture accessible nous permettait de monter tranquillement à 300 km/h.

Jaguar XK 120, un vrai succès pour la marque de Coventry

Jaguar XK 120, un vrai succès pour la marque de Coventry

Cette relative accessibilité financière de la Jaguar Type C fit son succès, et elle devint rapidement une reine des rallyes et des circuits. On peut notamment citer les douzièmes et quinzièmes places acquises par des XK 120 avec quelques modifications de détails, lors des 24 Heures du Mans 1950.

La type C dans son élément : la piste !

La type C dans son élément : la piste !

On dit que c’est presque étonnés par les résultats de la XK 120 que les dirigeants de la firme de Coventry songent à en faire une version compétition. Ainsi, il est décidé qu’à partir de la XK 120, une version plus performante spécialement créée pour la piste sera proposée. Son nom, XK 120 C, pour Compétition. Elle restera dans l’histoire comme la Type C.

La naissance de la Jaguar Type C

La Type C reprenait l’ensemble mécanique de la XK120, à savoir le long 6-cylindres en ligne double arbre, créé par Willy Hassan. Ce moteur est retravaillé tout de même par ce Harry Weslake, qui en tira plus de 200 ch. Mais ce n’est pas le moteur qui occupera le plus de temps de préparation. Le groupe propulseur ne nécessitant en effet que peu d’aménagements pour offrir une puissance et un couple suffisant. Le moteur était glissé dans une architecture plus raffinée que celle de la XK 120, avec notamment des suspensions moins versatiles, habillée d’une carrosserie aux formes très pures. Avec cette ligne plus aérodynamique, la C dépassait désormais les 200 km/h.

La Jaguar Type C et son aérodynamique poussée pour l'époque

La Jaguar Type C et son aérodynamique poussée pour l'époque

Elle est aussi bien plus légère que la XK 120 destinée à la clientèle. Le chassis multitubulaire en acier, ainsi que la carrosserie en alliage d’aluminium (que l’on doit à Malcolm Sayer) donnent à la C un très bon équilibre général. La production démarre en novembre 1950 et durera moins de 7 mois, ce qui coïncide, vous le savez, avec les 24 Heures du Mans. La voiture est prête pour l’édition 1951, et y décroche la victoire. Peter Walker et Peter Whitehead s’imposent avec une moyenne de 150 km/h et 9 tours d’avance sur la Talbot de Meyrat et Mairesse.

Jaguar Type C de 1951 qui remporte les 24 Heures du Mans

Jaguar Type C de 1951 qui remporte les 24 Heures du Mans

Cette victoire redonne un coup de fouet à l’image de la XK 120, notamment aux Etats-Unis, où la petite anglaise s’écoulait déjà très bien. Fort de ce succès, Jaguar décide alors de construire la Type C en toute petite série. La marque répond ainsi à la demande de certains pilotes, qui souhaitaient avoir un exemplaire de cette voiture capable de gagner Le Mans, mais également à la demande de quelques riches amateurs. Une XK 120 C valait alors 40% de plus qu’une XK 120 de base.

Un palmarès dans les courses d’endurance

Après son succès en 1951, la Jaguar Type C sera moins brillante en 1952. Une aérodynamique sans doutes trop poussée et une mauvaise gestion des flux d’air (l’aéro en est à l’époque à ses débuts) entraine des surchauffes moteur… Le capot rallongé sera ainsi fatal aux Type C (on revint à l’ancienne calandre type XK 120 verticale pour les courses suivantes). Mais la victoire revient en 1953, avec Duncan Hamilton et Tony Rolt. lls sont les premiers à boucler les 24 Heures du Mans avec une moyenne de 170 km/h. La Type C a évolué, adoptant notamment des carburateurs Weber en lieu et place des SU, mais surtout en se dotant de freins à disque développés avec Dunlop. Une révolution, qui raccourci diablement les distances de freinage.

Jusqu’en 1955, la Jaguar Type C devient la voiture à battre de tous bons pilotes qui se respectaient. Dans le même temps, la XK 120 reçoit en option le kit moteur C de 205ch. Sur circuit ou en rallye, mais également sur route, la Jaguar Type C est à l’aise partout. Outre Le Mans, la Jaguar Type C s’imposera notamment à Reims, lors d’une course de 370 km organisée en 1952 (1 an avant la création des 12 Heures de Reims). Stirling Moss s’impose, et décrochera également la première édition des 12 Heures de Reims en 1953, en compagnie de Whitehead.

Jaguar Type C (à gauche) et type D (à droite)

2 exemplaires de Jaguar Type D dont celle de Mike Hawthorn et Ivor Bue victorieuse au Mans 55

La victoire des 24 Heures du Mans en 1953 fait grimper le carnet de commande. Enfin « grimper »… Jusqu’en 1954, la Type C sera produite à 54 exemplaires ! Elle sera ensuite remplacée par la Jaguar Type D, avec elle une aérodynamique encore plus pointue. La D est elle une vraie voiture de course,un peu moins dans l’esprit de la XK 120 C…

Source : L’Atlas des bolides, 100 ans de voitures de course
Crédit photo : Bill Martin,