Le Qashqai a créé le segment des SUV compacts dès 2007 et il reste l’une des valeurs sûres du marché de l’occasion. Mais entre la première génération aux moteurs anciens, la deuxième qui a modernisé l’habitacle et la troisième bardée de technologies hybrides, le choix n’est pas évident. Voici ce qu’il faut regarder génération par génération, moteur par moteur, pour mettre la main sur un exemplaire qui vous coûtera le moins cher possible à l’entretien.
Qashqai I (2007-2013) : une bonne affaire à condition de viser la phase 2
La première génération a lancé la mode du crossover. Avec ses 4,31 m de long et son coffre d’environ 410 litres, elle reste compacte par rapport aux standards actuels. Sur le marché de l’occasion, les prix démarrent autour de 5 000 € et peuvent grimper jusqu’à 9 500 € selon l’état et le kilométrage, généralement situé entre 120 000 et 200 000 km.

Le point faible de cette génération, ce sont les motorisations essence de l’époque, notamment le 1.6 et le 2.0 atmosphériques, qui se montrent gourmands et peu performants. À l’inverse, le 1.5 dCi 110 ch s’avère très sobre et économique à l’usage. Le 1.6 dCi 130, apparu en phase 2 (2011), offre un meilleur compromis pour ceux qui roulent beaucoup sur autoroute.
Pour la boîte, la BVM5 et la BVM6 manuelles restent des valeurs fiables, même si l’embrayage peut montrer des signes de faiblesse sur les forts kilométrages. En revanche, la boîte automatique CVT Xtronic est à éviter : son agrément est moyen et sa fiabilité laisse à désirer. Si vous tombez sur un exemplaire équipé de cette transmission, exigez un essai complet et un historique d’entretien limpide.
Qashqai II (2014-2021) : le meilleur rapport prix/équipements
La deuxième génération a affiné la recette avec un design plus élégant et un habitacle mieux fini. Elle mesure 4,38 m et propose un coffre d’environ 430 litres. Les prix oscillent entre 10 000 et 15 000 € pour les modèles diesel de 2014 à 2018, avec des kilométrages de 90 000 à 150 000 km. Les exemplaires restylés (2019-2021) équipés du 1.3 DIG-T essence se négocient entre 15 000 et 20 000 €.
Côté moteurs, le 1.5 dCi 110 reste une valeur sûre pour les gros rouleurs. Le 1.6 dCi 130, partagé avec le Qashqai I, demeure un bon choix polyvalent. Mais c’est le 1.3 DIG-T 140/160, arrivé au restylage de 2019, qui change la donne : ce bloc essence turbo, développé avec Renault, se montre plus fiable et plus agréable que les anciens moteurs à essence de la marque.
La finition N-Connecta représente le meilleur compromis : elle ajoute le GPS, la caméra à 360° et la compatibilité Android Auto et Apple CarPlay. La Tekna et la Tekna+ poussent le confort plus loin avec sellerie cuir, sièges chauffants et toit panoramique, mais elles se paient plus cher à l’achat.
Les pièges à éviter sur le Qashqai II
La CVT Xtronic reste un point faible sur cette génération. Si vous visez une boîte automatique, préférez la DCT à double embrayage apparue en fin de carrière, même si son recul est encore limité. Pour le diesel, vérifiez l’historique d’entretien : les vidanges régulières sont cruciales pour la fiabilité du système d’injection et du FAP.
Qashqai III (depuis 2021) : la technologie hybride au prix fort
La troisième génération marque un vrai bond technologique. Reposant sur la plateforme CMF-B, elle mesure 4,42 m et offre un coffre de 480 à 504 litres. Les prix démarrent autour de 20 000 € pour les premiers exemplaires de 2021 et peuvent atteindre 34 000 € pour les e-POWER récents avec peu de kilomètres.
Deux motorisations dominent. Le 1.3 Mild Hybrid 140 ch, associé à une boîte manuelle, est le plus abordable et le plus sobre sur autoroute. Le e-POWER 190 ch, hybride série, fonctionne comme une voiture électrique avec un moteur thermique qui sert uniquement de générateur. En ville, cette technologie fait des merveilles : conduite fluide, silence, consommation maîtrisée. Sur voie rapide en revanche, le moteur thermique est très sollicité et la consommation grimpe.

Le restylage de 2024 a apporté un système multimédia Google intégré et de nouvelles finitions N-Design, mais ces modèles restent trop récents et trop chers pour être des affaires en occasion. Mieux vaut viser un exemplaire de 2022 ou 2023, déjà déprécié.
Quel moteur choisir selon votre usage
| Motorisation | Type | Période | Puissance | Points forts |
|---|---|---|---|---|
| 1.5 dCi 110 | Diesel 4 cylindres | 2007-2018 | 106-110 ch | Très sobre, coûts d’usage faibles |
| 1.6 dCi 130 | Diesel 4 cylindres | 2011-2018 | 130 ch | Bon compromis performances/consommation |
| 1.3 DIG-T 140/160 | Essence turbo | 2019-présent | 140-160 ch | Fiabilité améliorée, bon agrément |
| 1.3 Mild Hybrid 140 | Essence hybride léger | Depuis 2021 | 140 ch | Consommation maîtrisée |
| e-POWER 190 | Hybride série | Depuis 2022 | 190 ch | Conduite fluide, très efficient en ville |
Pour un usage urbain ou périurbain, le e-POWER 190 est imbattable en agrément. Pour ceux qui font beaucoup d’autoroute, le 1.5 dCi des générations I et II reste le plus économique, même en 2026. Le 1.3 DIG-T et sa version Mild Hybrid représentent le choix le plus équilibré pour un usage mixte.
Les finitions à privilégier en occasion
La finition Visia manque de cachet et d’équipements. Les niveaux Acenta et Business Edition ajoutent l’ouverture sans clé, la climatisation automatique et la caméra de recul, ce qui les rend acceptables si le budget est serré. Mais la N-Connecta reste le choix le plus pertinent : elle apporte le GPS, la connectivité smartphone et la caméra à 360°, des aides précieuses sur un véhicule dont la visibilité arrière est réduite.
La Tekna et la Tekna+ jouent le haut de gamme avec sellerie cuir, sièges chauffants et toit panoramique. Ces finitions se trouvent à des prix raisonnables sur les Qashqai II, mais elles sont nettement plus chères sur la génération III. Si vous cherchez un SUV bien équipé sans exploser le budget, un Qashqai II N-Connecta de 2019-2020 reste difficile à battre.
Les erreurs de choix qui coûtent cher
La première erreur consiste à acheter un Qashqai I essence atmosphérique : les consommations sont élevées et les performances faibles. La deuxième, à se précipiter sur une CVT Xtronic sans essai préalable : ces boîtes peuvent présenter des à-coups et des signes d’usure prématurée. La troisième, à négliger l’historique d’entretien sur les diesel : un FAP encrassé ou une injection fatiguée peut engendrer des factures à quatre chiffres.
Vérifiez aussi le diamètre de braquage de 11,9 m sur la génération III : il complique les manœuvres en ville et dans les parkings souterrains. Les radars et la caméra de recul ne sont pas un luxe sur ce modèle, ils sont presque indispensables.
Le kilométrage maximum acceptable dépend du moteur. Un 1.5 dCi peut dépasser 200 000 km s’il a été correctement entretenu. Un 1.3 DIG-T, plus récent, se négocie souvent entre 40 000 et 90 000 km pour les modèles de 2019 à 2021. Au-delà de ces repères, l’historique d’entretien devient plus important que le chiffre affiché au compteur.
Notre conseil pour un achat malin
Le Qashqai II en 1.3 DIG-T 140, finition N-Connecta, reste le choix le plus cohérent en occasion : il offre la fiabilité des moteurs récents, un équipement complet et des prix encore raisonnables. Si votre budget le permet et que vous roulez principalement en ville, le e-POWER 190 de la génération III vaut l’investissement, mais uniquement sur des exemplaires de 2022 et plus, quand la technologie a été rodée.
Avant de signer, exigez un essai complet, vérifiez le carnet d’entretien et faites contrôler la voiture par un professionnel indépendant. Comme pour tout achat de voiture d’occasion, la prudence paie : un exemplaire bien suivi vaut toujours mieux qu’un kilométrage plus faible mais un historique flou. Et si vous hésitez entre plusieurs modèles, comparez aussi les offres sur des concurrents directs du Qashqai : le marché des SUV compacts est riche, et la meilleure affaire n’est pas toujours celle qu’on croit.