Helem V6 aux 24 Heures du Mans 1997

Le Renault Spider et les 24 Heures du Mans

La Renault Spider est sans doutes l’un des modèles les plus énigmatiques de la marque au losange au cours de années 90. Sportive radicale, vraie descendante des Alpine ou supercar ratée ?

Helem V6 aux 24 Heures du Mans 1997

Helem V6 aux 24 Heures du Mans 1997

La petite Spider de Renault a en tout cas fait un détour par la Sarthe et les 24 Heures du Mans. Retour sur cet épisode méconnu de la vie du Spider.

C’est en 1993 que nait chez Renault l’idée d’une voiture ludique destinée à la promotion sportive. Etude de style, prototype, simple véhicule de démonstration… on ne sait pas qu’elle est la genèse de ce projet, mais elle est sans doutes le fruit d’un constat : « D’après la légende, en octobre 1992, le soir du grand prix d’Australie, Christian Contzen (PDG de Renault Sport) était soucieux: Renault est champion du monde de F1, mais aucun véhicule de la gamme ne capitalise sur ce titre. L’Alpine n’a aucun lien avec le programme F1 (la faute à qui?) et Contzen songe à une voiture « Renault Sport » » explique Joest Jonathan Ouaknine sur Le Blog Auto (article Brève Rencontre Renault Spider). Le projet, développé en interne sous le nom de W94, voit le premier prototype en tôle rouler pour la première fois le vendredi de la Pentecôte 1994.

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En septembre, un second exemplaire est présenté à Louis Schweitzer, alors à la direction générale. C’est en 1995 que la voiture est présentée au public, alors même que la phase de production est loin de commencer. La première apparition du Renault Spider se fait au Salon de Genève 1995, et la production commence en décembre.

Faire renaitre l’esprit d’Alpine au Mans

Nogaro Technologies est, en 1994, la société retenue par Renault pour l’étude et la réalisation du fameux « Spider Renault Sport ». Par conséquent, toute la phase de conception et la réalisation du prototype vont avoir lieu a Nogaro au sein de cette entreprise sous la direction de Claude Fior. Une voiture sportive, produite à petite échelle, mais rien ne la destine encore à participer à des courses « GT ». C’est alors que Legeay Sports, qui a notamment engagé la dernière Alpine A 610 à la 13e place des 24 Heures du Mans 1994 , construit une GT1 Spider Renault. Soutenue timidement par Renault, cette volonté de construire une voiture pour participer aux 24 Heures du Mans impose une contrainte : produire une version de route.


HELEM V6 par Frantheod

En effet, afin de l’homologuer il faut construire une version route qui sera présentée en 1997. Elle est proposée sous le nom de RJ Helem (association des noms Roy et Johnson) et conserve l’intégralité du châssis du spider originel. Le moteur est désormais un V6 PRV disposé longitudinalement accouplé à une boite de Renault 30 (de façon similaire a une Venturi). La carrosserie est développée spécialement pour la Helem, qui la rend reconnaissable d’un « simple » Renault Spider, mais elle reprend le pare brise du spider, l’essuyage, les blocs phares clignotants, les portes et leurs cinématiques.

Helem V6 à l'assaut du Dunlop (préliminaires Le Mans 1997)

Helem V6 à l'assaut du Dunlop (préliminaires Le Mans 1997)

Ce sont pour des questions de cout que les éléments Renault sont conservés, et une grande partie des pièces vient donc directement de l’Alpine A610. C’est un choix aussi guidé par la passion de Jean Michel Roy. « Il y a beaucoup d’orphelins de la marque Alpine, qui n’existe plus commercialement. Cette voiture, pour les amateurs d’Alpine, est un peu la descendante« .

Retenue comme deuxième suppléante après la journée tests des 24 Heures du Mans 1996, elle ne fut finalement pas alignée au départ pour des questions d’homologation… D’autres tentatives sans succès auront lieu, et le projet fut finalement mis dans un carton.

En 1999, l’idée d’un Renault Spider de course refait surface. Avec un châssis aluminium, destiné uniquement a un usage compétition, la Fior Spider F99 est née. Elle s’exporte et participe à un championnat organisé sur le circuit de Zhuhai en Chine.

Au début des années 2000, Nogaro Technologie s’est porté acquéreur des actifs et notamment de la partie outillage et moules de carrosserie de l’auto. « Nous avons donc initié la démarche de faire évoluer notre châssis afin de le rendre compatible avec le projet d’une telle auto.Nous avons reformulé le cahier des charges avec entre autres une implantation mécanique plus contemporaine, le V6 de la Peugeot 406 coupé, monté transversalement, en conservant sa boite de vitesse ainsi que ses accessoires » pouvait on lire à l’époque sur le site de la société. Leur projet ? Faire homologuer la voiture en usage routier afin de la produire en très petite série la première année, ainsi que de participer à certaines compétitions comme le Championnat de France FFSA GT. Muratet sport, était mandaté pour engager la voiture.

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Source : forum Motorlegend, Nogaro Tech, RenaultSpider.fr.st, Cperso70