McLaren M1B 1965 °19 – Marc Hévia / Franck Metzger

McLaren M1B : l’oeuvre d’art de la Can-Am 66

Engagé en Classic Endurance Racing avec une McLaren M1B, Marc Hévia fait tourner sur les circuits Européens une auto destinée à l’origine aux pistes de la Can-Am. Une auto d’une autre époque, qui nous fait replonger aux prémisses de ce championnat mythique.

La légende dit que c’est du coté de Saint-Jean-Cap-Ferrat que Bruce McLaren a évoqué pour la première fois l’idée de la M1B. Au lendemain du Grand Prix de Monaco 1965, l’artiste Michael Turner profite des joies de la baignade en compagnie des familles Hill et McLaren, quand Bruce lui propose de dessiner sa future auto.

Michael Turner travaille avec les techniciens Tyler Alexander et Robin Herd (ce dernier ayant participé à la conception du Concorde) en essayant de faire évoluer la M1A. Première McLaren destinée aux sports prototypes, la M1A dérive pourtant d’une ancienne Cooper Zerex (ex F1 transformée en proto)… Une parenté qui ne facilite pas la tache de nos ingénieurs, qui veulent faire de la M1B une voiture plus rigide…

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C’est en 1965 que la M1B allégée, dotée d’une nouvelle carrosserie plus fine et propulsée par un V8 Chevrolet 5,4 litres fait son apparition. A l’origine, un accord liait Bruce McLaren à Oldsmobile pour utiliser un moteur Traco Oldsmobile de 5 litres, mais le manque de puissance flagrant fit changer le néo-zélandais d’avis, l’équipe passant au Chevrolet une semaine avant le début de la saison 66. Une voiture dont la rigidité a été augmentée de 400% confie Robin Herd dans les colonnes du magazine Sport Auto de janvier 2011. « Lorsque nous avons placé le châssis de la M1B sur un banc et que nous avons testé sa résistance à la torsion, il se vrillait comme un dessert à la gelée« . La rigidité est améliorée, sans pour autant toucher au poids, un vrai tour de force.

Le talent de Michael Turner laisse apparaitre une voiture aux lignes dures mais pourtant si fluides, emblématique de la période Can-Am. Une voiture dont la ligne est le fruit d’un artiste, autre époque, autres mœurs. Les recherches sur l’aérodynamique n’en sont qu’à leurs débuts, et l’on se situe plutot dans la période de l’expérimentation que de la véritable maitrise, il n’y a qu’à se rappeler les Chaparral. Anecdote amusante à ce sujet, Teddy Mayer, associé de Bruce McLaren, ne voulait pas ajouter d’aileron arrière sur la M1B, pour ne pas « copier » la Chaparral.

Première McLaren à participer à la Can-Am, la M1B dispute la saison inaugurale de la série, en 1966. Troisème du championnat, l’équipe Bruce McLaren Motor Racing n’a pas à rougir face aux Lola T70 Mk.2 de Surtees et Donohue. Les M1B seront ensuite très présentes en Can-Am, grâce à la production de 23 exemplaires par Elva. Plusieurs équipes engageront la M1B, telles Hilton Racing Team, Drummond Racing ou encore Ecurie Carabine et Pacesetter Racing. La voiture que possède Marc Hévia a participé au championnat CanAm avec Bill Amick de 1966 à 1968 et Monte Shelton de 1969 à 1971. Avec le numéro de chassis 30-04, elle s’est imposée à deux reprises en Can-Am, à moins de 15 jours d’écart. D’abord dans la Rose Cup de Portland, le 11 juin 1967, alors que se tiennent les 24 Heures du Mans. Elle s’imposera ensuite à Westwood, toujours avec sur les flancs son n°19, qu’elle possède encore aujourd’hui en Classic Endurance Racing.

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